Fact-checking

Pour avoir un esprit critique, quoi de mieux que d’aller vérifier soi-même une information ?

Étape 1 : Préparation

Vous aurez au préalable imprimé, écrit et sélectionné vos exemples pour l’exercice.

Pour l’exercice 1, notez soit les exemples donnés sur des posts-its, soit trouvez en de nouveau, ce qui vous demandera de suivre l’actualité également. Préparez également deux autres posts-its : un « vrai », et un « faux ».

Pour l’étape 4 : imprimez les déclarations au préalable.

Nous conseillons également de regarder l’ensemble des sources mises à disposition pour que vous les maîtrisiez bien. Si vous en avez la possibilité, enregistrez dans vos favoris les marques-pages et sources données. Si vous avez un rétroprojecteur le jour de l’atelier, vous pourrez afficher directement ces sources.

Étape 2 : Lancement

Exercice 1

Demandez aux participants si selon eux, les informations suivantes sont vraies ou fausses. Vous pouvez les noter sur des post-its, et les répartir en deux colonnes : vrai et faux.

1. Le Canada a autorisé le cannabis à usage récréatif en 2017
2. Beyoncé attend un nouveau bébé
3. Snapchat récupère vos photos
4. Le logo Darty est inspiré du drapeau nazi
5.Le footballeur Mohamed Salah a eu 1 million de votes pour lui lors de l’élection présidentielle de 2018
6. En Chine, il était interdit d’avoir plus d’un enfant avant 2015

Vous pouvez ajouter des informations selon l’actualité. N’hésitez pas à prendre une actualité, et à changer une information pour la rendre fausse. C’est la cas de l’information 1. La consommation de cannabis récréatif a été autorisé en 2016. La mise en application de la loi date de 2018.

Étape 3 : comprendre ce qu’est le fact-checking

Vous allez demander aux participants de fact-checker, c’est-à-dire de vérifier les informations du premier exercice.

Expliquez ce qu’est le fact-checking : il s’agit de la vérification des informations. A travers plusieurs moyens, il s’agit de prendre une information et de voir si elle est véridique ou non.

  • Demandez, à leur avis, pourquoi les journalistes ont commencé à fact-checker les faits.
  • Réponse : pour vérifier ce que disaient les politiques, surtout en période d’élections.
  • Demandez ensuite, à leur avis, pourquoi cette méthode s’est développée ?
  • Réponse : avec Internet, puis en plus avec les réseaux sociaux, on peut faire circuler une information très facilement. Mais comment savoir si elle est vraie ou fausse ?

Expliquez que la diffusion de fausses informations est telle que des journaux ont créé des services dédiés à la vérification d’informations, de rumeurs qui circulent. Présentez-leur alors des références en termes de fact-checking. Par exemple :

Explorez avec eux un exemple pour chaque site.

Exercice 2 :

Demandez alors aux participants de s’installer sur des ordinateurs par groupe de trois ou quatre. Ils vont devoir vérifier les informations du précédent exercice, et si elles sont fausses les corriger. Demandez-leur de noter les sources sur lesquelles ou grâce auxquelles ils ont trouvé l’information.

Demandez-leur de justifier la fiabilité de leur information. Voici quelques éléments qu’ils aurait dû regarder. Discutez avec eux du fait qu’ils aient vérifié ces informations ou pas.

  • Sur un site Internet/dans un média : vérifiez la fiabilité en regardant quel est ce site (aller dans « A propos » notamment), vérifiez la date de publication de la page, vérifiez si ce site a posté des informations de ce genre auparavant. Y a-t-il des liens vers d’autres contenus ? Y a-t-il des chiffres et sur quoi s’appuient-ils ? Est-ce un article recopié ? Prenez un extrait et collez le dans Google pour savoir s’il existe ailleurs.
  • Une déclaration personnelle (sur les réseaux sociaux par exemple) : qui est l’auteur de cette information, quelle légitimité a-t-il, que fait-il dans la vie, est-il reconnu par ses pairs, a-t-il déjà pris la parole sur ce genre de sujet auparavant ? Vous pouvez faire des recherches sur cette personne, en allant jusque dans des sites type Viadeo, LinkedIn.

Chaque groupe pourra présenter le fruit de ses recherches.

Étape 4 : Fact-checker un ensemble de déclarations sur le même thème

Répartissez de nouveau les participants par équipe. Tous ensemble, ils vont devoir déterminer les informations à vérifier. Vous les aiderez. Puis, ils vérifieront les informations. Vous êtes en mode : « rédaction » comme dans les Décodeurs ! A la fin, vous croiserez les sources qu’ils ont utilisées.

Montrez-leur rapidement un exemple. Le discours du candidat des Républicains à l’élection présidentielle de 2017, François Fillon, prononcé le 28 août 2016 dans la Sarthe.

Voici le lien : https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/12/15/un-discours-de-francois-fillon-a-la-loupe-entre-ombre-de-de-gaulle-et-fantome-de-sarkozy_5049651_4355770.html

Le thème : le cannabis.

Attention, ceci n’est qu’une proposition d’exemple. Vous devrez vous adapter au niveau des participants, en réduisant la durée de cet exercice et donc le nombre de déclarations si besoin.

Voici les déclarations.

Déclaration 1 : Eric Piolle  – (maire écologiste de Grenoble)

« Le débat n’est pas de savoir si fumer est une faute grave ou très grave, mais d’innover pour sortir de l’impasse sanitaire et de sécurité publique. L’approche sécuritaire a échoué. La France a le record européen de conso pour les moins de 16 ans ! » (22 janvier 2018)
Source : https://twitter.com/EricPiolle/status/955325012499578881

Les informations à vérifier :

1. Fumer est une faute grave ou très grave. La simple consommation est-elle réellement punit par la loi ?
2. La France a le record européen de conso pour les moins de 16 ans.

Éléments et sources de réponse :

1. Officiellement oui (la nouvelle législation proposée ne revient pas sur la loi de 1970) :

  • voilà ce que dit la loi pour la consommation « L’usage illicite de l’une des substances ou plantes classées comme stupéfiants est puni d’un an d’emprisonnement et de 3 750 euros d’amende » Source : Legifrance – https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000006688173&cidTexte=LEGITEXT000006072665)).
  • pour la détention, les peines peuvent aller jusqu’à 7,5 millions d’euros, et dix ans d’emprisonnement
  • la production ou la fabrication de stupéfiants, les peines encourues sont de 20 ans (30 ans en cas de commission en bande organisée) de prison ferme.

2. Selon l’organisation mondiale de la santé (OMS), c’est vrai.

Source : http://www.euro.who.int/__data/assets/pdf_file/0016/303451/HSBC-No.7-Growing-up-unequal-Part2-Chapter5.pdf?ua=1

Déclaration 2 : Gérard Collomb (à l’époque de sa déclaration ministre de l’intérieur)

Il s’exprimait sur le débat de la forfaitisation. En effet, il y a une discussion pour permettre aux forces de l’ordre d’infliger directement des amendes forfaitaires pour usage de stupéfiants :
« On veut tout de suite demander une somme, mais ensuite il peut y avoir des poursuites. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de dépénalisation de l’usage du cannabis ».  (25 janvier 2018)

Source : https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/01/25/le-gouvernement-veut-mettre-a-l-amende-les-consommateurs-de-cannabis_5246762_3224.html

L’information à vérifier :

il peut y avoir des poursuites. Les consommateurs de cannabis peuvent-ils déjà être poursuivis ?

Des éléments et des sources de réponses :

  1. En pratique c’est très rare, même si la loi l’autorise. A partir de 1978, le ministère de la justice fait en sorte de traiter différemment les consommateurs de marijuana et les autres : http://www.senat.fr/rap/l14-250/l14-2506.html
  2. Drogues info service : Quelle que soit la fréquence de consommation, même lors d’une première prise, l’usager s’expose à :
    • baisse de la vigilance et ralentissement des réflexes,
    • limitation des capacités et de l’intérêt à apprendre ou à réaliser des tâches qui demandent de la concentration
    • apparition de troubles passagers comme l’anxiété, les crises de panique ou de paranoïa, un état dépressif qui peuvent nécessiter une hospitalisation,
    • déclenchement de troubles mentaux durables chez des personnes fragiles, voire aggravation des troubles mentaux chez les personnes souffrant de ces pathologies.
    • Les risques de bronchites et de cancers sont plus importants lorsque le cannabis est associé au tabac.

Proposez-leur d’aller chercher dans les études ces informations.

Exemple de sources :

  • l’Institut national de prévention pour l’éducation à la santé (INPES),
  • des médecins qui ont travaillé sur le sujet,
  • l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), etc.

Déclaration 3 : Jean-François Copé (maire de Meaux)

« Si on banalise le cannabis, ça sera consommé comme des cigarettes. »

Proposez de trouver une personne légitime et/ou un pays qui prouvent que c’est vrai, ou pas.

Éléments de réponse.

Pour conclure

Pour que leurs recherches soient la prochaine fois plus efficaces, vous pouvez compléter cet atelier avec Connaître les moteurs de recherche. Complétez également cet atelier avec la fiche « Identifier des images truquées » et Fakenews et autres manipulations de l’information.

Les voyageurs du numérique

Ces ateliers clés en main ont été réalisés en partenariat avec Bibliothèques Sans Frontières et le site des voyageurs du numérique.

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